La graisse cuivrée n’est généralement pas recommandée pour les cosses de batterie ou les connexions électriques de puissance en 12 / 24 V.
Les raisons sont les suivantes :
- La conductivité est médiocre au travers de la graisse : même si le cuivre est conducteur, la graisse elle-même ne l’est pas. Le contact électrique doit se faire métal contre métal sous forte pression. Ce problème en pratique ne se pose pas sur les cosses de puissance fortement serrées, car la graisse est chassée des parties métalliques en contact.
- Risque de corrosion galvanique : la poudre de cuivre peut favoriser des réactions électrochimiques lorsqu’elle est en contact avec du plomb, de l’aluminium ou certains alliages.
- Migration de particules conductrices : si des des connecteurs sont très proches ou mal protégés, des particules de cuivre peuvent provoquer des fuites de courant voir créer des courts-circuits.
- Vieillissement : certaines graisses cuivrées résistent bien à la chaleur, mais ne sont pas formulées pour protéger des contacts électriques basse tension.
Pour les connexions automobiles, on utilise plutôt :
- De la graisse diélectrique au silicone : appliquée pour protéger de l’humidité et de l’oxydation.
- De la graisse spécifique pour contacts électriques (industrie automobile ou électrique).
La croyance est ancienne : on a effectivement longtemps graissé les bornes de batteries automobiles.
Mais historiquement, l’objectif était surtout de protéger le plomb et les connexions contre l’humidité, l’oxygène et les vapeurs/acides de batterie, pas d’améliorer leur conductivité.
On a ensuite eu tendance à remplacer dans les discussions populaires :
« graisse pour protéger les bornes » par « graisse conductrice pour améliorer le contact ».
Lorsque la graisse cuivrée est devenue très répandue dans les garages et chez les bricoleurs, elle a naturellement été proposée comme solution universelle. Certains fabricants indiquent même sur l’emballage qu’elle peut être utilisée sur les cosses de batterie.
Pourquoi ça semble fonctionner ? C’est aussi ce qui entretient la croyance :
Après nettoyage d’une cosse oxydée, application de graisse cuivrée et resserrage, la connexion fonctionne généralement très bien après l’intervention. Mais le facteur déterminant est : nettoyage + forte pression de contact + suppression de l’oxyde, et non la présence du cuivre dans la graisse. La graisse contribue ensuite à empêcher l’oxydation de revenir.
La corrosion galvanique éventuellement induite par le cuivre :
Pour une batterie automobile, la cosse est généralement en plomb ou alliage de plomb, alors que la graisse contient du cuivre. En présence d’humidité et d’un électrolyte, introduire du cuivre au contact d’autres métaux n’est pas forcément une bonne idée du point de vue de la corrosion galvanique.
Ce n’est donc pas parce que le cuivre est un excellent conducteur qu’il constitue nécessairement le meilleur matériau à introduire dans une interface électrique.
Pour une cosse de batterie fortement sollicitée (plusieurs centaines d’ampères au démarrage), la résistance de contact est tellement faible et les pressions de serrage tellement importantes que la question de la conductivité de la graisse est presque secondaire. L’enjeu est d’obtenir et de conserver une interface métallique propre, fortement serrée et protégée de la corrosion.
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